Le scooter trace sa route en ville
Pratique et rapide, l'engin plaît. Les ventes accélèrent. L'italien Piaggio fait la course en tête, mais gare aux Chinois.
La voiture, en ville, a du souci à se faire. Le
deux-roues lui taille des croupières et réduit de plus en plus son espace. Surtout le
scooter, dont les ventes se déchaînent depuis deux ans. Au terme d'une année 2006 exceptionnelle (+ 36 %), elles ont encore fait un bond de 16,7 % au cours des huit premiers mois de 2007 !
Économique, confortable, pratique, rapide, sécurisant... Rien ne semble brider l'avenir du
scooter, qui a même cédé à la tentation du
trois-roues. Piaggio, le chef de file industriel, en a écoulé près de 5 000 exemplaires en France depuis fin 2006. Une belle percée.
LA CONCURRENCE DU VELO
Mais attention ! Si l'heureux propriétaire de la marque historique Vespa maintient son leadership, il voit fondre sur lui les « furieux » constructeurs japonais, Yamaha et Honda en tête, excusez du calibre. Autant dire que notre Peugeot national - positionné sur les grosses cylindrées - joue un peu les faire-valoir, pour ne pas dire les seconds couteaux, dans une compétition qui voit débouler les inévitables constructeurs chinois. En direct, sans utiliser le faux nez de marques occidentales.
Adossées à un marché domestique énorme - il se vend 18 millions de
deux-roues motorisées en Chine par an, 230 000 en France ! - les innombrables marques chinoises aux noms plus exotiques les uns que les autres (Yiying, Jincheng...) attaquent par le bas de gamme et par les prix.
Jusqu'à 40 % moins cher !
L'argument est apparemment imparable, malgré les critiques des concurrents sur la qualité, la fiabilité, les lacunes de l'après-vente, etc. Au coeur du marché des 125 cm3,
les exportateurs chinois auraient d'ores et déjà raflé 15 % des ventes cette année. Et ce n'est peut-être qu'un début.
Le défi chinois pourrait cependant offrir prochainement un terrain favorable aux constructeurs japonais et européens : l'écologie. Ce n'est un secret pour personne : le
deux-roues a pris du retard sur le quatre-roues en matière de lutte antipollution, à cause de l'absence de vraies contraintes réglementaires et du relatif désintérêt du client. Les esprits sont en train de changer.
Bonne occasion pour prendre le virage des engins non polluants que les Chinois ont pas mal de difficulté à négocier. Il y a dix ans, Peugeot avait lancé un
scooter électrique. Trop tôt. C'est le moment de redémarrer, pour ne pas être trop tard. Quoi qu'il en soit,
rien ne paraît résister aujourd'hui à la vogue du scooter, sauf peut-être la bicyclette. Paris (23 000 Vélib') et Lyon pourraient faire école. La petite reine, elle aussi, est partie à la conquête des grandes villes. Le match est lancé.
Sources : Ouest-France - Code Rousseau
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