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lundi 16 juin 2008
L'aide au transport va se faire désirer
Alors que les transports représentent le deuxième poste budgétaire des ménages, François Fillon promet de faire quelque chose. Mais comment ?
Dans son interview télévisée de jeudi soir, le Premier ministre a annoncé une « aide directe » destinée aux salariés pour faire face à l'accroissement du coût de leurs trajets domicile-travail. Une idée aussitôt saluée par le secrétaire de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly qui, depuis longtemps, revendique cette prime « sous la forme d'une ligne sur la fiche de paie ».
Reste à voir comment cette prime pourrait voir le jour et comment en serait calculé le montant. Pour François Fillon, cette « aide directe » remplacera le chèque-transport, lancé en 2007 par le gouvernement Villepin et « jamais appliqué » (la preuve, aucun de ces chèques n'a été imprimé).
Mis en place par décret, en février 2007, il devait servir à couvrir une partie des frais de déplacements domicile-travail en transport collectif. Mais les salariés travaillant dans des zones rurales ou ayant des horaires de travail atypiques, devaient aussi pouvoir l'utiliser pour acheter du carburant, dans une limite de 100 € par an.
Le patronat rechigne déjà
Cette mesure a été chiffrée : les coûts supportés par les employeurs auraient avoisiné les 470 millions d'euros et l'État, pour sa part, y aurait été de 286 millions de sa poche en exonérations diverses... si tous les employeurs, privés et publics avaient dit oui.
Dès hier, un représentant du Medef a fait savoir que le patronat n'accepterait « aucune charge supplémentaire », alors que les entreprises sont elles-mêmes confrontées à un renchérissement de leurs coûts, du fait de l'envolée du prix des carburants. Et comme le glisse Matignon, « on ne peut pas tout imposer ».
On risque donc de se retrouver dans une situation similaire à celle de 2007. Le patronat ne pourra (voudra) pas payer, reportant la totalité de la charge de la mesure sur l'État. Qui, évidemment, n'est pas prêt à l'assumer. François Fillon a d'ailleurs laissé aux partenaires sociaux le soin de négocier entre eux un hypothétique accord.
Autant dire que le projet du Premier ministre semble mal parti. D'autant que d'autres voix s'élèvent déjà : « Pourquoi une prime aux seuls salariés ? », demandent d'autres catégories professionnelles. « Pourquoi seulement le trajet domicile-travail ? », interrogent les organisations de consommateurs, pour qui il y a, aussi, « les déplacements pour conduire les enfants à l'école ».
Bref, une belle idée qui finira sans doute, dans quelques mois, au cimetière déjà bien rempli des usines à gaz n'ayant jamais fonctionné. À moins que l'État ne propose aux entreprises des exonérations alléchantes. En a-t-il vraiment les moyens ?
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